L‘Oléiculture

UN PASSE ET UN TERROIR OLEICOLE REMARQUABLES

Terroir aux origines antiques, La Londe est un bassin de production d’huile très important essentiellement aux mains de cinq domaines :  domaine du Jasson, domaine de la Jouasse, Moulin du Haut Jasson, domaine des Myrtes et domaine de Tamary, dont un qui abrite la plus grande oliveraie du Var.
 

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Les origines d'un terroir

Déjà dès l’Antiquité, période de laquelle datent les premières traces d’oléiculture sur cette commune, cette activité était importante comme en témoignent de nombreux vestiges d’huileries (blocs d’assises et contre-poids de pressoirs à levier, meules de moulin, dolia…) découverts dans plusieurs quartiers (Haut Pansard, Valrose, Valcros, Gaoutabry,…). Vous pourrez en voir deux exemplaires au pied d’imposants oliviers au Jardin des Oliviers.

Entre les XII° et XVIII° siècles, grâce à une forte présence monastique sur notre sol au voisinage des Chartreuses de La Verne et de Montrieux, cette culture, que les moines se sont attachés à développer pour leur besoin cultuel et surtout comme source de revenu, recouvrait la plus grosse partie du territoire londais. En témoignent encore les splendides oliviers 4 à 5 fois centenaires qui bordent la route de Collobrières (D88) dans le quartier des Jassons.

Au XVIII° siècle, époque où l’oléiculture devient la culture prédominante pour satisfaire les besoins domestiques en huile et alimenter les fabriques de savons naissantes, de nombreux moulins voient le jour à la Londe (moulins du Domaine St Pons qui orne aujourd’hui le rond-point près de La Poste, du Moulin Vieux, du Château des Bormettes).

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Ce dernier moulin construit en 1704 faisait partie d’un important domaine agricole dépendant de La Chartreuse de la Verne. Sa capacité (51 urnes de près de 130 hl d'huile en 1790) et le matériel oléicole attestent d’une grosse production. L’huile était obtenue à l’aide d’un moulin à sang, c’est-à-dire mue par un mulet, cas de la plupart des moulins londais. Trois pressoirs à vis, dont il reste les chapelles permettaient manuellement d’extraire l’huile de la pâte d’olive placée dans des scourtins. La force d’extraction étant faible, on réalisait certainement avec le marc restant une 2° pression, comme l’atteste une cheminée présente dans le moulin, utilisée pour faire chauffer l’eau nécessaire à cette seconde extraction. Cette huile dite lampante servait à la fabrique du savon et aux besoins cultuels alors que la première était vendue comme produit de consommation.

Dépendance aussi de La Chartreuse de La Verne, le domaine appelé Château Le Bastidon, concentrait un important verger considéré par certains administrateurs du XVIII° comme, « un des plus beaux qui existe dans l’univers ». Ces oliviers gèleront en 1820 mais seront vite remplacés ou recepés, comme en témoigne un gros spécimen situé au lieu-dit le Puits de Magne.

Il faut dire qu’en ce début XIX°, l’oléiculture garde un place de choix car les besoins en huile pour les savonneries et le graissage des machines à vapeur se développent. Ainsi à La Londe, les oliviers couvrent environ 230 ha, concentrés essentiellement dans la plaine autour du futur village. Dans ce contexte, de nouveaux moulins voient le jour : au Domaine du Jasson et au Château Le Bastidon qui faisait triturer jusqu’alors ses olives aux Bormettes.

Avec la concurrence des huiles italiennes et espagnoles et l’introduction des graines exotiques fin XIX°, puis la concurrence des oliveraies tunisiennes à partir de 1920, l’oléiculture recule. Vers 1925, les portes du dernier moulin londais ferment. Le gel de 1956 porte un coup fatal à cette culture en crise. On arrache tous les oliviers pour planter de la vigne, alors que les –13° C qui s’abattirent sur La Londe ne les avaient pas tous atteints, preuve en sont les remarquables oliviers qui bordent la route dans le quartier des Jassons.

Depuis une vingtaine d’années, avec la reconnaissance des vertus médicinales de l’huile et du même coup l’augmentation de sa consommation, le retour à l’oléiculture est amorcée parallèlement à une amélioration des techniques culturales et de multiplication des oliviers. Aussi, on assiste à de nouvelles plantations et à la remise en état d’oliveraies abandonnées. Ainsi à La Londe, au Domaine du Jasson, on a entrepris en 1990 de reconvertir un vignoble en une oliveraie de 13 ha contenant près de 5000 arbres. Au Domaine de La Jouasse, on a défriché une colline en 1996 pour planter près de 6 ha d’oliviers dont 3 ha soit 1400 arbres sont déjà en production. Au sein des domaines viticoles de Tamary et du Bastidon, a été récemment créé un verger. Et ces plantations ne peuvent que se développer lorsqu’on sait que seulement 6% de notre consommation est couverte par la production nationale.

Ces vergers sont constitués à partir de plants bouturés, qui commencent à produire à partir de 4-5 ans mais ne donnent une bonne récolte (15 à 30 kg d’olives) qu’au bout de 10 ans. La culture sur La Londe est orientée uniquement en vue d’une production d’huile, issue d’un assemblage équilibré entre amertume et douceur à partir de cinq variétés principalement, originaires de la région (Aglandau, Picholine, Grossane, Bouteillan et Cayon - cailletier).

La récolte des olives s’étale de fin octobre à début janvier. Si dans le Var, elle est encore à 99% manuelle, les gros oléiculteurs que sont les propriétaires des domaines londais ont adopté le vibreur de branches qui permet une récolte rapide et à 95 % des fruits, sans nuire à leur qualité. Les olives tombent sur des filets et le restant est peigné. La transformation des olives de La Londe se fait principalement dans 2 moulins récemment ouverts sur la commune au domaine du Jasson et au moulin du Haut Jasson. L’huile est réalisée dans un moulin à chaîne continue. Ce type de moulin, très répandu dans le Var, permet d’une part d’améliorer le rendement, d’autre part de traiter d’importantes quantités d’olives à la fois donc rapidement après la cueillette, condition essentielle de la qualité de l’huile.

L’huile produite est obtenue par des moyens uniquement mécaniques, c’est-à-dire sans traitement chimique. Sa qualité est « vierge extra » car l’huile ne dépasse pas 0.8 g d’acidité pour 100 g. Pour mieux valoriser leurs huiles face aux productions frauduleuses et aux huiles produites avec des olives non originaires du pays, les domaines oléicoles de la région Provence auront très prochainement leur AOC PROVENCE.

Des visites guidées des domaines sont proposées par l’Office de Tourisme afin de découvrir les vergers, les techniques culturales et la transformation des olives en huile



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