L'Histoire de La Londe

Les premiers londais

Le territoire de la commune a été très anciennement occupé. On recense de nombreux sites préhistoriques et antiques dont le plus ancien est le dolmen de Gaoutabry, tombe collective datant de 2500 ans av. J.C., situé au nord de la commune. Aucune trace d’habitat des hommes de Gaoutabry n’a encore été découverte mais des vestiges de murailles, des fragments de poteries et d'outils en pierre attestent de leur implantation sur nos terres.

Aux VIIème-VIème siècles av. J.C., les Ligures avaient peut-être établi un habitat défensif, un oppidum, aux Vanades, comme en témoignent des vestiges d’enceintes.


Les Bormani, peuple celto-ligure
qui occupait un territoire délimité par les communes de Pignans au nord, Bormes à l’Est et La Garde à l’Ouest, sont à l’origine du toponyme Bormettes, coeur historique de La Londe.

Au VIème siècle av. J.C., les Phocéens exploitèrent certainement les mines de plomb argentifère situées à l’Argentière, nom aujourd'hui de l'une de nos plages.

Mais c’est le peuple gallo-romain (IIème siècle av. J.C.- Vème siècle ap. J.C.) qui a le plus marqué notre territoire : des vestiges de villas, domaines viticoles, sépultures, poteries, monnaies révèlent leur présence. Des jarres, éléments de pressoirs et meules à bras attestent dès cette époque de l’exploitation des terres pour l’olivier, la vigne et les céréales. Les Romains établissent un port à l’Argentière sans doute pour l’exploitation des mines. Des indices archéologiques sur ce site (traces d'exploitation au feu et séries de coupoles au toit d'une galerie) attestent de travaux miniers à l'époque médièvale pour l'exploitation de l'argent, peut-être en vue de fournir l'atelier monétaire de Marseille qui obtint le droit de battre monnaie au XIIIème siècle.

Au XIIIème siècle, un castrum domine le Pic St Martin aux Bormettes : cet habitat fortifié abrita peut-être mais de façon éphémère le premier village de La Londe.

L’empreinte du clergé

A partir du XIème siècle, notre territoire, désigné sous le nom de Bormette, est marqué par la présence des moines de St Victor de Marseille puis des Chartreux de Montrieux et surtout de La Verne qui acquièrent d’importantes propriétés par donations. Ils construisent les premiers châteaux à vocation agricole, comme celui des Bormettes et du Bastidon entre les XVI° et XVIII° siècles. Ils développent la culture de la vigne et des oliviers.

De La Londe Normande à La Londe Provençale…

En 1678, Antoine Lemonnier, sieur de La Londe (Seine Maritime) acquière des terres sur notre territoire et se fait construire une maison nommée “ Château de La Londe ”, qui va transmettre son nom au village.

Si elle voit naître la première maison de son futur village, notre contrée n’est encore cependant qu’un groupe de bastides et hameaux rattaché à la commune de Hyères. En 1788, elle devient paroisse.

En 1791, « La Londe », qui compte 132 habitants, apparaît sur le cadastre en tant que quartier et section de Hyères.

La Révolution et ses effets

Après La Révolution, les Chartreux sont totalement dépossédés de leurs biens. Comme eux, les nouveaux acquéreurs continuent à défricher les terres pour leur mise en culture et construisent des hameaux, domaines, châteaux et bastides à vocation agricole.

La bourgeoisie et l'aristocratie s’implantent au cours du XIXème siècle, faisant édifier de somptueuses demeures. Ainsi, en 1855, Horace Vernet (1789-1863), peintre officiel de Louis-Philippe, acquiert le Domaine des Bormettes et se fait construire un château dans un style éclectique, témoin aujourd'hui de la naissance de la station climatique hivernale que devient la Côte d'Azur en cette seconde moitié du XIX°siècle. Fin XIX°, le château prend une allure hispano-mauresque, reflet de cette quête d’exotisme qui anime les grands esprits de l'époque et du colonialisme triomphant.

Parmi la bourgeoisie, une grande famille a laissé son nom dans l’histoire. Propriétaire d’une grande partie des terrains qu'occupe aujourd'hui le village, la famille Allègre contribue par ses dons de terrains à sa construction.

Ainsi, l’église est édifiée en 1847 et une école communale voit le jour en 1884, place Allègre.

L’ère minière ou la naissance d’une commune

Vers 1875, Victor Roux, riche financier marseillais et nouveau propriétaire du Domaine des Bormettes, redécouvre et développe le filon de l'Argentière.

En 1881, il fonde la Société des Mines des Bormettes et l’exploitation des mines de l’Argentière, riche en zinc, démarre dès 1885, créant de nombreux emplois.

Ainsi, après avoir été un territoire essentiellement agro-pastoral et forestier, La Londe entre à la fin du XIXème siècle dans une ère minière. A partir de 1890, d’autres filons, plombifère et zincifère surtout, sont découverts étendant l'exploitation sur les 2/3 de la commune et même sur une partie de Bormes et Collobrières. Ces mines sont tellement prospères que leur rentabilité nécessite la création d’un chemin de fer en 1899, pour le transport des ouvriers entre les différents lieux d’extraction et l’acheminement du minerai jusqu’à l’Argentière où s’effectuaient son traitement et son expédition par voie maritime.

Signe de prospérité aussi, une fonderie dont on voit encore l’imposante cheminée-tunnel est construite en 1897 pour tenter de traiter le plomb sur place.

La prospérité de la mine contribue directement à la formation du village (construction de corons, création d'écoles, d’un bureau de poste et télégraphe, d’une gendarmerie…) et à la création de la commune. A partir de 1890 , le village s’ouvre vers l’extérieur avec la mise en service de la ligne de chemin de fer du littoral qui effectue le trajet Toulon-Saint-Raphaël. Gagnant peu à peu son autonomie, La Londe demande son détachement par rapport à Hyères et est érigé en commune, le 11 janvier 1901.

La commune prend alors le nom officiel de La "Londe Les Maures", le second toponyme, provenant du latin “mauros” qui signifie “brun foncé”, évoquant la couleur du massif.

Alors que le village croît, l’exploitation des mines des Bormettes connaît une baisse croissante de sa productivité dès 1901 et cesse toute activité en 1929.

Profitant de la main d’œuvre disponible de la mine déclinante, le groupe Schneider s’implante en 1907 aux Bormettes et installe dès 1912 une usine d’armement, filiale des usines du Creusot en Bourgogne.

Cette société contribue à l’extension du village en faisant édifier, à partir de 1912, une véritable cité ouvrière de type coron aux abords de l'usine. En 1920, une ligne de chemin de fer est créée pour assurer le transport des ouvriers, de l'outillage et des marchandises vers le village. La "Promenade des Annamites", baptisée ainsi en souvenir de soldats indochinois mobilisés en France lors de la première guerre mondiale et résidant près de cette voie, en suit en partie aujourd'hui le tracé.

Dans les années 1940, la Marine s’installe aux Bormettes, en devenant propriétaire entre autres du Château Vernet et du bâtiment de l’Astrolabe. Après avoir été expropriée par les troupes d'occupation allemandes, elle reprend possession de ses biens à La Libération et y crée son premier centre de formation maritime, d'abord école de canonnage puis de transmission. En 1972, suite à un regroupement des écoles de Marine à St Mandrier, le site devient la propriété du Ministère des PTT puis de France Telecom.

Depuis les années 1950, du village de corons qu’elle était au début du XX° siècle, La Londe est devenue peu à peu une station balnéaire et climatique qui conserve un caractère rural avec ses 22 domaines et châteaux viticoles, ses nombreuses serres et la plus grande oliveraie du Var.

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